
Nous avons déjà dit plusieurs fois que le storytelling peut servir à plein de choses. La rédemption en est une. L’objectif du storytelling est alors le repentir pouvant dans l’idéal mener à la réconciliation.
Ma collègue Noa Baum a déjà largement travaillé sur le sujet dans un contexte particulièrement difficile : la réconcilation entre Israëliens et Palestiniens -je propose d’ailleurs son DVD sur le sujet dans ma boutique en ligne.
C’est vraiment un très bel exemple, riche d’enseignements.
Mais un storytelling de rédemption ne se décrète pas. Pour le réussir, il y a des règles, des techniques à suivre.
En fait, je distingue 5 étapes, indispensables selon moi pour réussir son storytelling de rédemption.
1. Dites toujours la vérité :
D’ordinaire, la vérité n’est pas un must dans le storytelling : c’est l’authenticité qui est indispensable. Mais avec la rédemption, nous sommes dans un contexte très spécifique, et là, pas moyen d’y déroger.
Il faut donc que vous soyez prêt à dire la vérité sur votre passé, votre présent et votre futur (autrement dit : le storytelling de rédemption, ce n’est pas pour tout le monde !). Sans vérité, pas d’auditoire, la prochaine fois que vous aurez besoin d’un pardon.
2. Débutez l’histoire par une vision du futur :
Ce n’est pas en vous focalisant sur le passé que vos interlocuteurs auront fois en une relation d’avenir avec vous. Montrez comment vous allez agir différemment de par le passé : quel changement avez-vous mis en oeuvre ? (On parle bien d’actions, pas d’intentions).
3. Reconnaissez votre faute sans y associer le reste du monde :
Dites “Je”. Ne mentionnez pas “vous”, “eux” ni qui que ce soit d’autre. Votre auditoire doit sentir que vous avez fait ce travail consistant à assumer ce que vous avez fait de mal, que vous êtes pleinement convaincu de votre faute.
Selon le contexte et l’auditoire, vous devrez d’ailleurs incorporer plus ou moins de détails, quand vous décrirez les événements incriminés.
4. Racontez comment vous payé votre dette :
La rédemption, ce n’est jamais gratuit. Montrez à votre auditoire ce que cela vous a coûté, tant physiquement qu’émotionnellement. Faites cela sous forme d’anecdotes, plus que de grandes phrases, illustrez.
Pas de théâtre, quand même, SVP.
5. Parlez de votre façon de faire, d’être présente, montrant que vous avez changé :
Là encore, des anecdotes sont requises. Que faites-vous pour changer, et impacter votre environnement de manière différente, positive ?
Connectez cela avec votre vision du futur. Développez cela, rendez cette vision très concrète. Comment avez-vous changé ? Au fond de votre coeur… Quel impact ce changement a-t-il eu sur vous et votre environnement ?
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Grappling ! Encore une nouvelle version du storytelling ?
Non : grappling est un terme emprunté aux sports de combat comme la lutte, le jiu-jitsu brésilien etc. Le mot doit être familier des amateurs du Fight club. Pour résumer, le grappling regroupe toutes les techniques de saisie, par opposition au striking, qui se réfère aux techniques de frappe.
Le rapport avec le storytelling est on ne peut plus évident : une bonne histoire est impactante (elle a du striking), mais elle doit aussi agripper l’auditoire, le saisir, l’accrocher (avec donc, du grappling). Au cinéma et dans le monde de la musique, on parle aussi de hook (crochet).
Ce sont aujourd’hui les techniques de grappling appliquées au storytelling que nous allons développer dans cet article.
Le grappling dans le storytelling, c’est cette promesse que fait le narrateur à l’auditoire : si vous lisez, écoutez ou regardez mon histoire jusqu’au bout, vous serez récompensé, c’est à dire que vous apprendrez ce que vous voulez savoir et peut-être même plus…
Cela paraît évident, mais de plus en plus de communications d’entreprises ne font en réalité que répondre à des questions qu’elles se posent elles-mêmes sans se demander un seul instant si le public, témoin forcé de la scène, y a un quelconque intérêt.
Voici donc des techniques de grappling pour votre storytelling, et nous nous focaliserons sur les techniques de grappling internes à l’histoire, de petits éléments narratifs accrocheurs bien utiles. Ils vont amener l’auditoire à continuer à suivre le récit.
- Le suspense : le plus basique, pas la peine de s’étendre. Ne pas tout révéler d’un coup semble assez évident.
- La curiosité : un bruit étrange que l’on entend… On a envie d’en savoir plus, bien entendu…
- Les défis : posez un défi, l’auditoire voudra savoir si vous êtes capable de le relever.
- L’humour : de l’humour bien senti est comme de la glue pour votre auditoire. Par contre, il faut que vous soyez vous même de nature drôle, évidemment.
- L’étonnement : présentez un scénario des plus ridicules, en apparence. Votre auditoire va se demander : “est-ce qu’il va vraiment faire ce qu’il dit ?”
- Le doute : challengez les idées d’une personnalité réputée pour son excellence. Dites à votre auditoire : “je vais vous montrer en quoi in a tort”.
- Une tournure de phrase : certaines tournures deviennent des phrases cultes. Euh, n’allez pas jusqu’à des phrases à la Nabilla : c’est un conseil de survie en entreprise.
Et vous pouvez même faire encore plus simple : de simples transitions comme “par exemple”, laissez-moi vous expliquer”, “voilà ce que je veux vous expliquer”, “voilà pourquoi”, “ça a l’air idiot ? ça ne l’est pas”… peuvent aussi faire office de grappling, tout simplement.
Ah, un dernier conseil pour la route : ne lâchez-pas le grapple !
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Ce n’est pas un test de la qualité de votre storytelling que je propose ici. Il faut faire les choses dans l’ordre. Et avant, donc, de juger de ses qualités, il faut déjà être en mesure de discerner ce qu’est une histoire. Il est en effet facile de confondre une histoire avec une opinion, un exemple, une analogie. Et si on n’est pas capable de cerner cela, ce n’est pas la peine d’aller plus loin pour le moment : il sera très difficile d’être un bon storyteller sans ces bases.
Un bon storyteller est capable en un clin d’oeil de détecter si une histoire vient de débuter, ou, au contraire, s’il n’y en a pas. Ce n’est pas une compétence juste pour le fun : elle est utile. Vous pouvez vous-même d’autant mieux insérer vos histoires, votre storytelling dans une conversation !
C’est Shawn Callahan, un confrère australien, qui a attiré l’attention sur ce problème : il a lui-même identifié une prestation du pionnier du storytelling, expert incontestable des histoires, dépourvue d’histoires malgré les promesses affichées. Cet expert, c’est Steve Denning et voilà sa prestation, pas du tout storytelling.
A comparer avec cette autre prestation de Steve Denning, bien plus storytelling.
Difficile, par contre, de distinguer réellement et précisément ce qui fait que l’une est storytelling et l’autre non.
Voilà : à vos claviers !
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Les TED Talks ? Vous en avez sans doute déjà entendu parler. Ce sont ces conférences de très haut niveau (à cause de la qualité des interventions, et des intervenants eux-mêmes) dont l’ambition est affirmée : ce sont “des idées pour changer le monde”. Si ce n’est pas déjà fait, l’urgence est déjà d’aller jeter un oeil sur les dizaines de TED Talks qui ont déjà été réalisés. Et vous le remarquerez assez vite : un TED talk, à chaque fois, c’est du storytelling !
Quand on regarde un TED Talk, on se dit que ce n’est pas pour nous. Forcément, une telle performance ne peut venir que d’un talent inné, ou travaillé depuis des années. Bref, ce n’est pas à la portée de tout le monde.
C’est faux. Akash Karia est un professionnel de la formation à la prise de parole et la réalisation d’interventions -des banquiers de Hong Kong aux décideurs de Dubaï- et il vient d’écrire un livre : “How to deliver a perfect TED Talk”. Traduction : performer dans le cadre de prises de parole et de présentations. C’est vraiment un bon livre, très utile et avec des recettes somme toute simples (mais réclamant tout de même du travail de la part du futur orateur !).
- Comment l’intervenant a-t-il débuté son histoire ?
- L’objet de son histoire est-il clair ? Pouvez-vous le résumer en une phrase ?
- Quels détails introduit-il ? Lieu, date, noms…
- Comment parvient-il à ne pas faire un speech autocentré sur lui-même ?
- Comment éveille-t-il nos sens ? Comment les scènes qu’il raconte deviennent-elles vivantes ?
- Arrivez-vous à repérer des sentiments et des émotions dans ce speech ?
- Les histoires racontées sont-elles crédibles ? Qu’est-ce qui vous donne cette impression ?
- Y’a-t’il des éléments de surprise dans le speech ?
-Comment l’orateur termine-t-il son histoire ?
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Le magazine Management du mois d’avril 2013 a publié un article d’une double page, complètement orienté conseils pratiques sur un thème clé : comment construire ses présentations plus efficacement, en utilisant le storytelling.

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Des banques : faire du storytelling ?
Attention, on parle ici de storytelling mettant en scène des clients de la banque. Attention, on parle de storytelling vrai. Ce ne sont ni des acteurs jouant le rôle de clients, ni de vrais clients sélectionnés comme des acteurs (et faisant donc une performance d’acteurs, au bout du compte). Parce que ça, c’est très courant, et ça sonne faux. C’est un comble : choisir des vrais clients, border leur prise de parole et leur gestuelle de telle manière qu’ils deviennent des acteurs ! A la fin, zéro pointé sur toute la ligne. Aucun intérêt ni impact supérieur à une campagne classique, parce que personne n’est dupe.
Ici, par contre, c’est la First National Bank, qui part d’un appel réel à son call center… Cela se passe en Afrique du Sud, mais peu importe. L’homme qui passe l’appel, par contre, n’est pas un vrai client et pour cause : c’est un animateur de radio qui veut faire une blague (spontanée, rien d’organisé avec la banque) dans le cadre de son émission. On a aussi ce genre d’animateurs chez nous, genre “piégeur”… Et le piège fonctionne souvent…
Le plus intéressant, c’est qu’ensuite, la banque a utilisé l’enregistrement de cet appel comme spot pub TV, sans rien changer, sans travail de script ni quoi que soit ! Extraordinaire :
From: Jeff Clark - Movement in Manhattan (2012)
Using the timestamps and geocodes of tweets, Clark investigates the generalized flow of people across Manhattan. Not surprisingly, it’s pretty chaotic. Click through for additional maps, which break things down based on the time of day.
http://neoformix.com/2012/MovementInManhattan.html
C’est du storytelling visuel.

Certains n’imaginent le storytelling qu’à la télé. D’autres ne voient l’utilisation des histoires possible qu’à l’oral, pour faire passer des messages. Bref, que ce soit pour le management ou le marketing, on en reste largement à des préjugés.
En réalité, le storytelling est multiformes. C’est à dire qu’il n’est pas attaché à l’une ou l’autre forme d’expression : le storytelling est transgenre.
Faire du storybranding (contraction de storytelling et branding -storytelling marketing), en utilisant l’emailing, c’est donc plus que possible. L’objectif étant de raconter une histoire intéressante sur l’entreprise, la marque, le produit et en même temps de collecter des adresses pour vos listes de contacts et futures newsletters.
Voilà comment faire.
Il faut déjà concevoir une opération d’emailing en l’organisant comme une série d’emails. Une histoire en one-shot ne fonctionnerait pas, avec la technique de l’emailing. Et donc, aussi : il faut associer cette série à un autorépondeur. Rien de compliqué : les autorépondeurs sont des services fournis par toutes les plate-formes d’emailing, y compris gratuites.
Ce système permet d’entretenir le suspense, et donc l’intérêt de la cible.
Les différents emails storytelling d’une campagne :
- La mise en place des éléments de l’histoire :
dans ce ou ces premiers emails, vous introduisez le contexte, les personnages, l’univers de l’histoire. C’est l’occasion de parler de votre histoire fondatrice. Tout le monde n’a pas une histoire de création d’entreprise dans un garage etc., mais il y a toujours quelque chose d’original à pouvoir trouver. Et surtout, il faut que cela donne envie au lecteur de l’email d’en savoir plus dans le prochain email. Mais attention : surtout, ne mentez pas !
- Le conflit :
Votre histoire fondatrice ne suffit pas. Quel est votre défi ? A quel enjeu répondez-vous et aidez-vous vos clients à répondre ? C’est bien entendu lié à votre histoire fondatrice, tout de même : car, cet enjeu, c’est bien votre fondateur qui a décidé d’y répondre. Qu’est-ce qui a inspiré (et inspire encore) votre entreprise ? En quoi êtes-vous différents des autres ?
- La résolution :
Du conflit naît une solution, trouvée et mise en oeuvre par les personnages. Votre entreprise résoud un problème important, et votre roduit, votre service est la matérialisation de cette vision.
Voilà. Ces trois étapes indispensables formeront le coeur de votre dispositif diffusé via votre autorépondeur. A vous, cependant, de trouver une manière créative de raconter cette histoire (ces histoires) : vidéo, photos, création d’un personnage fictif mais attachant…
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