Le storytelling, c'est tout sauf linéaire

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C'est un entretien d'il y a quelques mois, accordé par le comédien Guillaume Gallienne (sociétaire de la Comédie française, vu à la télé, au cinéma, au théâtre...) à la radio france Inter, qui m'a donné l'idée de ce post.
Ce n'est pas que l'idée du sujet avait besoin de m'être donnée, car la non-linéarité du storytelling est l'une des bases du travail narratif que nous pratiquons au quotidien, et que nous enseignons dans nos formations.
C'est la manière, l'exemple, l'image qui est remarquable de limpidité.
Guillaume Gallienne confiait donc au journaliste qu'il avait découvert l'oeuvre de Proust via sa grand-mère. Mais l'histoire ne s'arrête pas là, et cette partie est même la moins intéressante.

C'est la façon dont le jeune Guillaume va se lancer dans la découverte de cet opus qui est riche d'enseignements.
Il aura en effet très vite compris que, face à une oeuvre ardue, la solution n'était pas de commencer par le début. Cela aurait même été une erreur.

Comme il le dit lui même, et pour rester dans l'exemple de l'oeuvre proustienne, "il faut commencer par Du côté de Guermantes, qui est amusant, poursuivre par Sodome et Gomorrhe, très drôle... Et ensuite, une fois que l'on s'est tellement attaché à l'histoire, aux personnages, et bien on a envie de tout lire, en revenant au début".
C'est bien plus que de l'auto-teasing, c'est une vraie rupture de linéarité telle qu'on la cultive dans le storytelling des organisations.

Conférence ou formation storytelling : que choisir ?

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A l'heure de décider d'envoyer des collaborateurs en formation, on a souvent cette hésitation, cette incertitude... Est-ce vraiment le bon investissement ? La valeur ajoutée sera-t-elle à la hauteur ? Et puis, n'y aurait-il pas une autre solution ?

Ce n'est pas forcément le réflexe premier, mais on pourrait comparer l'intérêt d'une formation avec celui d'une conférence.

A première vue, il n'y a pas photo : il semble évident qu'une formation apporte une valeur ajoutée bien supérieure à une conférence.

Bon, on va quand même récapituler les avantages et les inconvénients des uns et des autres.

 

FORMATION :

Les + :

  • Durée

  • Objectifs d'apprentissage

  • Mise en contexte de groupe de travail

Les - :

  • Durée

  • Mise en pratique après la formation : réelle ou en reste-t-on aux déclarations d'intention (car pression du quotidien, des habitudes, du système de travail de l'organisation)

  • Coût

 

CONFERENCE :

Les - :

  • Objectifs flous

  • Auditoire plutôt passif

  • Logique de découverte et non d'apprentissage

Les + :

  • Format court

  • Coût

 

Pourtant, une conférence peut en définitive être plus productive et générer plus de valeur ajoutée qu'une formation, pour peu que l'on sorte du schéma traditionnel.

Prenons, pas au hasard puisque c'est mon domaine d'activité, l'exemple du storytelling (qui est, rappelons-le, la mise en récit des messages, pour le management, le marketing...).

A première vue, donc, avantage à la formule formation.

Mais si la conférence sort des sentiers battus, et après une partie conférence traditionnelle pas trop longue, si elle se poursuit de la façon suivante, qui est un cas réel, qui s'est produit à la Banque mondiale dans les années 1990.

Steve Denning y est alors directeur de l'information et a pour projet de faire évoluer l'institution vers une dimension qui en ferait également une « banque de connaissances » autant que de financement des pays en développement. Après avoir essayé de nombreux moyens traditionnels, sans succès, il décide de raconter à ses collègues, au cours d'une conférence, une histoire qu'il avait entendue dans un couloir. Pour faire court : il s'agissait d'un employé des services de santé en Zambie, à la recherche d'informations sur la malaria, et qui finira par en trouver sur le site web du centre américain des maladies infectieuses... Alors que la Banque mondiale avait des experts, sur place, en possession d'informations plus précises et mieux adaptées, mais inaccessibles à ceux qui en avaient besoin sur le terrain ! Chacun (ou presque) des auditeurs a transposé cette histoire, spontanément, à son cas personnel, son domaine d'activité, et a trouvé des situations vécues similaires dans sa mémoire ! C'était le début d'une prise de conscience, et aujourd'hui, la Banque mondiale est l'une des principales banques de connaissances du monde.

Là, ce n'est pas qu'une simple conférence. Il se passe quelque chose : une réflexion propre à chaque membre de l'auditoire, en fonction de ses domaines d'action, de la résonance qu'a en lui cette histoire. Et tout cela prolonge la conférence, la transforme en workshop virtuel, informel mais véritable et productif.

C'est la magie du storytelling.


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Est-ce du storytelling ?

Entendons-nous : est-ce d'une part du storytelling, et d'autre part, est-ce du bon storytelling ?
Il s'agit d'une vidéo virale lancée par une agence immobilière, dans le cadre de la vente d'un bien partculièrement luxueux.
Alors, mon avis : il y a une intrigue, oui, et une belle débauche de moyens financiers. Une histoire, oui.
Mais le scénario est loin d'être au point. On a, j'ai l'impression, beaucoup sacrifié le scénario au profit d'effets spéciaux, ou plutôt spatieux. Car, c'est sûr, il est beaucoup plus confortable de se reposer sur des artifices que d'aller au bout d'une démarche narrative.
Je pense aussi que les agents immobiliers apparaissent trop souvent dans le film, et pas forcément à bon escient, ce qui rajoute des longueurs. Quelques incohérences aussi, avec un sur-ajout de tenues très courtes (que viennent faire les deux personnages secondaires féminins dans l'histoire ?).
Bon, je vous laisse juge :
 

Workshop storytelling : une vraie valeur ajoutée

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Autant la conférence est souvent considérée (et souvent à tort) comme un sous-produit de la formation, autant le workshop est sous-coté.
On lui préfère encore bien trop souvent les opérations type grand-messe, congrès, rebaptisés congrès et séminaires, pour les habiller d'un décor moins rébarbatif. Mais le fond reste le même !
Tout au plus voit-on quelques pièces rapportées -type un animateur venu du théâtre, un caricaturiste...- qui, au fond et dans le fond, ne changent rien... à part que cela donne bonne conscience.
D'une telle opération, les organisateurs en ressortent en concluant que l'événement était « moins rébarbatif que l'édition de l'année dernière ».

Mais est-ce bien l'objectif d'un workshop ?
On est là dans une forme de renoncement : on accepte implicitement que tout cela n'a aucun impact, aucune utilité réelle. On se contente d'avoir émis le message, en faisant comme si le fait qu'il soit passé ou non n'avait pas vraiment d'importance. On se contente d'un résultat (si on peut appeler cela comme ça) à minima : au moins aura-t-on passé un bon « moment ».
Cela me rappelle certains magazines institutionnels, qui proposent des pages jeux, mots croisés et recettes de cuisine pour, sans le dire, « faire passer la pilule » d'un discours inintéressant. Du moins, en pensant que cela aide.

Je ne crois pas que le public soit dupe et je pense qu'il y a mieux à faire avec un workshop.
Un workshop peut être d'une grande utilité, si on ne le conçoit pas comme une fin en soi mais comme une plate-forme tremplin.
C'est à dire : une base pour une réflexion personnelle née d'un workshop collectif. Ce dernier pourra faire office de déclencheur, levier, démarreur... Pour que cela devienne une réalité, cette réflexion ne devra pas être un « devoir », une tâche assignée aux participants, cela fonctionne rarement à ce que j'ai vu. Sauf à relancer sans cesse les personnes concernées, pour un résultat au final insatisfaisant pour les « workshopés » car contraint, et pour les « commanditaires », car on ne me fera pas croire qu'un travail exercé sous la contrainte a la qualité d'un effort consenti.
C'est donc bien un engrenage qui aura été déclenché, pour que la suite se déroule tout naturellement, sans effort véritable justement.

Le storytelling dispose de toute une palette d'outils, de techniques adaptés aux différents contextes et objectifs de workshops. Certains sont dérivés des fameux outils de la qualité (diagramme des affinités etc.). D'autres sont dérivés de pratiques artistiques, ou ludiques, détournées de leur usage premier. D'autres encore, ont été créées spécifiquement.
Mais quelle que soit la technique choisie, le storytelling a un petit truc à lui : le storytelling n'est ni un monologue, ni même un dialogue, c'est un transfert de pouvoir., d'un émetteur-commanditaire vers un récepteur-participant au workshop. Ces derniers ne sont alors plus des participants mais des acteurs-pilotes, avec une très large autonomie.
Ce n'est alors plus le workshop de l'entreprise, c'est le leur. Et ça change beaucoup de choses.
Contactez-nous pour explorer les pistes d'utilisation des workshops storytelling appliqués à vos enjeux spécifiques.

 

Management du changement : le réussir avec le storytelling (partie 2)

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Seth Kahan distingue 3 étapes essentielles, pour réussir une démarche de changement :

  • comprendre le « territoire » du changement

  • raisonner en terme d'équipes hautement performantes (et les mettre en place, évidemment)

  • accélérer l'évolution à l'aide de communautés

 

Comprendre le « territoire du changement » :

C'est : identifier les risques par avance, faire émerger les sujets tabous, obtenir du feedback sur les zones et enjeux clés, avec... à la clé une réceptivité accrue aux solutions, identifier des gains de haute valeur ajoutée...

Et comment faire cela ? Rien de bien mystérieux : il faut générer et écouter les histoires qui nous apprendront tout cela !

Ces histoires se trouvent localisées dans les feux oranges et rouges qui s'adressent à l'organisation, principalement.


Les équipes hautement performantes :

Avant de devenir des équipes hautement performantes, elles seront d'abord passées par un autre stade:celui des équipes auto-organisées. Tarte à la crème du management ? Oui, si on en reste aux intentions, aux mots. Mais ici, c'est réellement une mise en place qui est indispensable, avec, comme nous l'avons déjà dit dans la première partie, une mise à plat du leadership. Enfin là, c'est même plus qu'une mise à plat : dans certaines organisations, ce sera même une révolution. Nécessaire toutefois. Ce qui ne signifie pas que la direction, le sens du travail de l'équipe n'est pas indiqué par la direction de l'organisation : on parle bien d'équipes auto-organisées, pas d'auto-gouvernance, qui est un autre mode de gestion.

Ces équipes sont constituées de personnes tout ce qu'il y a de plus ordinaires, mais ces personnes se différencient « cognitivement », ce qui les rend plus performantes que les équipes d'experts composées de pairs. Performantes pour quoi ? Pour écrire une histoire : traduction managériale, pour résoudre un problème. Et le storytelling pourra servir pour développer l'équipe, écrire l'histoire de l'équipe, connectée à l'histoire de la résolution du problème.


Le rôle des communautés :

Reformuler la tâche, la mission pour en faire un enjeu, un sujet d'intérêt communautaire est hautement productif : par exemple, exécuter une tâche de haute valeur, s'engager dans une cause qui a une dimension sociale, contribuer dans un domaine d'expertise particulier, avoir la reconnaissance d'un groupe... Là aussi, on le sent bien, c'est une historie qui se construit. Avec des efforts fournis par la communauté, mais aussi des retours sur engagement. Une valeur fournie s'accompagne d'une valeur reçue en retour. Et le résultat est supérieur à la somme des éléments.

Voilà, maintenant, il n'y a plus qu'à... Cela dit, nous pouvons vous aider...

 

Organisme de formation en storytelling déclaré

Stéphane Dangel Consultant vient de se faire enregistrer très officiellement en qualité de prestataire de formation : nous sommes donc un prestataire de formation enregistré sous le numéro 42 67 04483 67. Cet enregistrement ne vaut pas agrément de l'Etat mais vous permet de bénéficier des dispositifs de prise en charge de la formation professionnelle.
Notre partenaire, Evalir, est également enregistré en qualité de prestataire de formation en storytelling.
Ce sont donc deux prestataires de formation tout ce qu'il y a de plus officiels qui vous proposent leurs services.
Et cela tombe bien : rappelons que la prochaine formation au storytelling aura lieu à Paris, les 28 et 29 mars prochains.
Contact : contact@evalir.com ; 04 93 91 31 22